L’ÉCOLE DE FRANCFORT

titre : l’École de Francfort (2019)
distribution en cours
production : le saut du tigre dans le passé
avec le soutien d’Anis Gras, le lieu de l’autre

extraits des textes

Le spectacle

Le spectacle est le fruit d’une enquête sur les productions savantes singulières rendues possibles par ce groupement hétérogène d’intellectuels.

J’ai demandé à 4 acteurs et 1 dramaturge de lire l’un des livres majeurs produits par quelques-uns des penseurs incontournables de l’École de Francfort.

Ils devront rendre compte :

  • de leur lecture
  • de la thèse centrale qui soutient l’ouvrage
  • de la praxis rendue possible par cette thèse dans leur propre vie

Un deuxième volet de la dramaturgie consiste à faire évoluer différents protagonistes de l’École de Francfort. La scène est semblable à un gigantesque bureau universitaire à l’intérieur duquel les spectateurs sont invités à s’asseoir.

Une enquête

La compagnie ira à la rencontre des membres de l’Institut de Recherche Sociale (Institut für Sozialforschung – IsF), héritiers de l’École de Francfort dans l’intention d’y recueillir les informations nécessaires pour muscler la dramaturgie du spectacle d’éléments réels.

Nous tâcherons d’en apprendre davantage sur les conditions historiques qui soutenaient cette entreprise savante, et sur l’usage pratique que nous pouvons avoir des grands enseignements de l’École de Francfort.

télécharger le dossier de présentation (en cours de rédaction)

Points théoriques

La fondation de l’Institut de recherches sociales avait pour fonction de créer une école de pensée indépendante de la politique institutionnelle qui puisse renouveler le marxisme.

La séquence historique de l’École de Francfort correspond à une période de réaction, où le sujet révolutionnaire collectif est absent.

À tout le moins, il n’est plus souverain.

Comment, dès lors, maintenir la pensée des contradictions de la modernité dans une perspective d’émancipation collective ?

 

Théorie traditionnelle

Une théorie est un ensemble de propositions concernant un domaine de connaissance déterminé, et dont la cohérence est assurée par le fait que de quelques-unes sont déduites logiquement toutes les autres.

En pratique, la théorie permet donc de classer des lois, de hiérarchiser des faits, et de faire éventuellement des prédictions.

La fonction principale de la théorie traditionnelle est une fonction d’ordonnancement.

Le sujet qui théorise est toujours séparé de l’objet qu’il étudie.
La théorie est donc dissociée de la pratique et de la critique.

Théorie critique

À la théorie traditionnelle qui repose sur l’accumulation des savoirs, l’École de Francfort opposait une théorie critique.

La théorie critique vise à l’émancipation du sujet face à une raison devenue totalitaire.

C’est la critique de la raison par la raison.

La théorie critique de la connaissance n’est plus une activité autonome, politiquement neutre et soustraite à l’histoire. Elle fait partie de l’histoire, sans en être le reflet.

Le concept de théorie critique repose donc sur un rapport entre le savoir et la liberté qui ne cesse d’être en mouvement, au gré de l’évolution et du développement de l’histoire et des structures sociales.

Du point de vue de la culture, si elle n’est plus qu’un bien de consommation réalisé en séries, cela signifie qu’elle travaille à sa propre uniformisation et à celle des individus qui en ont l’usage.

L’autodestruction de la raison n’est pas le fait d’une chose extérieure à elle, mais elle est dû au retournement de la raison contre elle-même. Ce phénomène est présent dans le génome de la raison.

en cours de rédaction…